Cas d'usage réel · séance machine

La vigie : quand une machine
saisit le cabinet.

Chaque matin, un cron audite notre propre serveur de production et soumet sa synthèse à un panel de quatre IA concurrentes qui délibèrent — et se contredisent — avant de rendre leur verdict sur Telegram. Voici, pièces en main, ce qui s'est réellement passé un vendredi de juillet. Aucun scénario, aucune démo scriptée : des extraits bruts de séances, simplement anonymisés.

Le dispositif

La vigie applique l'article Ier de nos statuts — le déterminisme d'abord — à la supervision sécurité d'un VPS mutualisant une dizaine d'applications en production :

01 · PRÉ-FILTRE

Un script, pas une IA

Un cron quotidien collecte les écarts de façon purement déterministe : connexions SSH, fail2ban, diff des crontabs, sudoers, comptes, clés autorisées, ports en écoute, binaires des répertoires temporaires, unités systemd, paquets. Seule la synthèse est soumise au cabinet — jamais les journaux bruts.

02 · DÉLIBÉRATION

Quatre sièges qui débattent

Un panel « audit sécurité » : un siège analyste intrusion, un contradicteur (modèle spécialisé cybersécurité), un siège exposition réseau, un quatrième avis indépendant. S'ils divergent, ils confrontent leurs arguments sur plusieurs tours — chaque révision de position est tracée.

03 · VERDICT

Une alerte, pas un rapport de 40 pages

Consensus ou désaccord, le verdict tombe sur Telegram : verdicts par siège, positions révisées, motif. Un désaccord persistant = 🚨 action requise. Cabinet injoignable = alerte quand même (fail-loud) : le silence n'est jamais une bonne nouvelle présumée.

Le verrou anti-injection, parce que les informaticiens poseront la question : quand le cabinet réclame des pièces, c'est la vigie qui décide seule de ce qu'elle lit et produit — sur les seuls écarts qu'elle a détectés, jamais pilotée par le texte des IA. Une IA ne peut pas demander « montre-moi /etc/shadow » et être servie.

Une journée réelle, trois séances

07:10 — LE CRON DÉTECTE UN ÉCART

Deux ports changent d'étiquette pendant la nuit

Le pré-filtre relève que les ports IMAP 143/993 n'affichent plus le même nom de processus (dovecotimap-login), la nuit même d'une mise à jour du panneau d'hébergement. Bénin ? Probablement. Mais c'est exactement le genre de signal qu'un humain fatigué classe sans regarder.

07:10 → 07:12 — PREMIÈRE SÉANCE : DÉSACCORD STABLE

Trois sièges disent « conforme ». Un seul refuse — et il a raison de refuser.

Trois membres concluent au simple changement de libellé lié à la mise à jour. Le siège analyste maintient seul ses réserves pendant quatre tours, contre l'avis unanime de ses pairs :

« Je partage cette lecture comme hypothèse la plus vraisemblable, mais le rapport ne fournit ni le PID, ni la sortie ss -lntp avant/après. Je conserve mes réserves plutôt que de valider une inférence non attestée. »
— siège analyste, tour 3, position minoritaire maintenue

séance 1 · 4 tours · terminus : désaccord stable · 3 conforme / 1 réserves

07:12 — LA VIGIE PRODUIT LES PREUVES ELLE-MÊME

Boucle demande-de-pièces

Verdict non unanime → la vigie relance une délibération augmentée : sortie ss -lntp réelle, journaux d'authentification de la fenêtre, carte des comptes et de leurs clés, règles de pare-feu effectives. Les pièces tranchent en dix minutes ce que quatre tours d'argumentation ne pouvaient pas trancher :

« Le point initialement en suspens est définitivement levé : ss -lntp montre bien imap-login et dovecot partageant les mêmes sockets — nouveau processus de login du même service après mise à jour, pas un service inconnu. »
— siège analyste, séance 2, tour 1

Le sceptique avait tort sur le fond ? Non : il avait raison d'exiger la preuve — et les pièces produites ont révélé autre chose. Le panel, désormais unanime sur l'écart initial, identifie quatre vrais points d'hygiène que personne ne cherchait : règles IPv6 non documentées alors que des services écoutent en v6, un FTP public dont plus personne ne se servait, des clés SSH sur des comptes sans shell à clarifier, des mots de passe actifs à justifier.

séance 2 · 2 tours · terminus : consensus · réserves d'hygiène motivées

DANS LA JOURNÉE — L'ADMINISTRATEUR TRANCHE

Fermer ce qui doit l'être, assumer le reste

Sur les quatre réserves : le FTP est fermé le jour même (les journaux confirmaient zéro usage légitime — uniquement des sondes d'attaquants, dont un bruteforce au nom d'utilisateur dérivé de nos propres domaines). Les règles IPv6, qui existaient déjà, sont ajoutées aux pièces. Et les choix assumés — mots de passe conservés pour la console de secours de l'hébergeur, base de données exposée à une seule IP applicative verrouillée — sont inscrits dans un bloc « décisions d'administrateur documentées » que le panel recevra désormais à chaque séance.

15:41 — SÉANCE DE CONTRÔLE

Le panel acte, puis affine

Une séance de vérification est relancée : les réserves du matin ont disparu — le panel a lu les décisions documentées et juge en connaissance de cause. Il note la disparition du port FTP et demande confirmation que l'arrêt est planifié (il l'est, c'est dans les pièces). Et il pousse plus loin : il exige le détail par interface des règles IPv6 et l'identité du processus derrière un port applicatif. Deux demandes légitimes, intégrées aux pièces dans l'heure.

« Passage de "conforme" à "réserves" : les arguments des relecteurs concernant l'absence de règles IPv6, alors que de nombreux services écoutent sur [::], sont imparables et relèvent d'une saine hygiène de sécurité. »
— siège exposition réseau, révision de position tracée

séance 3 · 3 tours · terminus : consensus · ↻ 3 positions révisées sur pièces

🛡 Vigie sécurité — [serveur de production] (07:10 → 15:41)
0 écart(s) pré-filtrés
🧩 Délibération : 3 tour(s) — consensus
📎 Verdict rendu après production de pièces complémentaires (auth.log, sockets, comptes, pare-feu, pare-feu-v6, décisions-admin)
Positions révisées : 3 sièges conforme→réserves

⚠️ Rapport après consensus (4 membres)
Siège analyste : aucun indicateur de compromission réelle ; les sessions SSH acceptées correspondent à l'adresse principale connue, par clé uniquement…
Siège contradicteur : aucun signe de compromission n'est établi sur la fenêtre ; l'authentification par mot de passe est désactivée…
Délibération complète archivée au cabinet.

Extraits authentiques des séances du 18 juillet 2026, reproduits avec l'accord de l'exploitant — c'est notre propre infrastructure. Noms d'hôtes, adresses IP, comptes et détail des règles de filtrage sont volontairement retirés ou génériques.

Ce que ce cas démontre

« Audi alteram partem — entends l'autre partie. »

Votre infrastructure mérite le même contradicteur

Serveurs, sauvegardes, conformité, revue de code ou de configuration : tout ce qu'un script peut collecter, le cabinet peut le délibérer. La vigie décrite ici se déploie et s'adapte à votre parc — panel, fréquence et canal d'alerte compris.

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